Dommages à un pipeline
Westcoast Energy Limited Partnership
Gazoduc latéral de 16 pouces d’Aitken Creek, borne kilométrique 3,338
Près de Fort St. John (Colombie-Britannique)
Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a enquêté sur cet événement dans le but de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n’est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales. Le présent rapport n’est pas créé pour être utilisé dans le contexte d’une procédure judiciaire, disciplinaire ou autre. Voir Propriété et utilisation du contenu. Les pronoms et les titres de poste masculins peuvent être utilisés pour désigner tous les genres afin de respecter la Loi sur le Bureau canadien d’enquête sur les accidents de transport et de la sécurité des transports (L.C. 1989, ch. 3).
L’événement
Le 15 novembre 2025, vers 12 h 10Toutes les heures sont exprimées en heure normale des Rocheuses., un gazoduc de 16 pouces de diamètre (diamètre nominal de la conduite [DN] de 16 po) exploité par Westcoast Energy Limited Partnership et servant au transport de gaz naturel non corrosif a été heurté par un tuyau de 20 pouces de diamètre (DN 20) utilisé comme revêtement pour un trou de vérification. Environ 47 310 m³ de gaz naturel non corrosif s’est échappé, mais sans s’enflammer ni exploser. Les 7 membres de l’équipe de construction du gazoduc se trouvant dans un rayon de 25 m ont immédiatement évacué la zone. D’autres membres de l’équipe de construction travaillant à proximité ont également été évacués et les lieux ont été sécurisés. Il n’y a eu aucun blessé, et aucune évacuation des membres du public n’a été requise.
Activités de construction
En octobre et novembre 2025, dans les environs de Blair Creek, situé à 151 km au nord-ouest de Fort St. John (Colombie-Britannique) (figure 1), Westcoast Energy Limited Partnership (Westcoast)Westcoast Energy Limited Partnership pour le compte de Westcoast Energy GP Inc., une filiale d’Enbridge Inc. et son entrepreneur en construction installaient un nouveau gazoduc de 24 pouces (diamètre nominal de la conduite [DN] de 24 po) à l’aide d’un dispositif pousseur de conduite et d’un microtunnelier dirigéUn dispositif pousseur de conduite et un microtunnelier dirigé font partie d’un système de forage sans tranchée, de haute précision et télécommandé, qui est utilisé pour la construction de gazoducs. Une tête de forage perce à l’avant du microtunnelier dirigé alors qu’une boue bentonitique circule pour stabiliser le tunnel, évacuer le sol de déblai et graisser la canalisation. À mesure que le microtunnelier dirigé avance, un système à cylindres hydrauliques fait avancer les segments de conduite raccordés au cours d’une opération continue, ce qui permet d’installer un gazoduc en même temps que le tunnel est percé. afin de franchir par-dessous 2 gazoducs existants exploités par Westcoast, deux fois chacun, pour un total de 4 franchissements.
Au cours de l’exécution du 4e et dernier franchissement, qui devait se faire sous le gazoduc latéral d’un DN de 16 pouces d’Aitken Creek (gazoduc de DN 16) en service, des membres de l’équipe de construction ont commencé à créer un trou de vérificationDans le contexte du forage sans tranchée, un trou de vérification est un trou creusé dans le sol sur le tracé de forage, à proximité des points de franchissement d’autres services publics, afin de vérifier la profondeur et la position de la tête de forage avant de terminer le franchissement. Les trous de regard sont normalement réalisés au moyen d’hydro-excavation. Les parois du trou de vérification doivent rester stables pendant la création et le maintien du trou afin de garantir que le forage souterrain peut être visuellement identifié.,Un trou de vérification est considéré comme un remuement du sol. De manière générale, un remuement du sol désigne toute activité qui déplace ou pénètre le sol. Les sociétés pipelinières et les entrepreneurs en construction disposent de procédures d’exploitation normalisées pour les activités de remuement du sol afin de réduire au minimum les dangers connexes. sur le tracé de forage afin de vérifier la profondeur et la position du microtunnelier dirigé.
En raison de l’instabilité du sol qui a provoqué l’effondrement des parois du trou, et d’un obstacle rencontré à l’intérieur du trou de vérification, l’équipe de construction a commencé à installer une conduite de DN 20 verticalement dans le trou afin de servir de revêtement et de pénétrer l’obstacle.
Après avoir atteint l’obstacle à une profondeur de 5,8 m, on a utilisé le godet d’une excavatrice pour pousser la conduite de DN 20 à travers l’obstacle. À une profondeur de 6 m, les membres de l’équipe présents dans la zone de l’événement à l’étude ont senti une odeur qu’ils ont interprétée comme étant du gaz et ont remarqué de l’eau bouillonner vers le haut dans le trou de vérification sur environ 1 à 2 m.
L’enquête a permis de déterminer que le gazoduc de DN 16 a été heurté et perforé par la conduite de DN 20. Il y a eu déversement d’environ 47 310 m³ de gaz naturel non corrosif qui ne s'est pas enflammé et n’a pas explosé. Au moment du déversement, la pression de service était de 5698 kPag (pression manométrique en kilopascals).
Renseignements généraux
Le 27 septembre 2025, en préparation du franchissement par-dessous le gazoduc de DN 16 (le 4e franchissement), le gazoduc de DN 16 a été mis à nu au point de franchissement du forage (franchissement) par un procédé d’hydro-excavationL’hydro-excavation est une méthode d’excavation qui utilise de l’eau à haute pression pour fragmenter le sol et un aspirateur puissant pour évacuer simultanément la boue qui en résulte. afin de pouvoir identifier visuellement le gazoduc et l’épaisseur de couverture. L’arpenteur de l’entrepreneur en construction (arpenteur) a effectué des mesures topographiques de la position et de l’épaisseur de couverture du gazoduc mis à nu, qui a été confirmée à 5,8 m. Un poteau en bois de 2 pouces sur 4 pouces a ensuite été placé par un inspecteur en construction dans le trou réalisé par hydro-excavation afin de marquer cet emplacement, après quoi le gazoduc mis à nu a été remblayéLe remblayage a été effectué afin de réduire les dangers sur les lieux et la probabilité de migration de la boue de forage bentonitique à travers le trou exposé pendant le forage.. Le poteau est resté en place par la suite afin d’indiquer visuellement le franchissement.
Les 11 et 12 novembre 2025, de la boue de forage bentonitique s’est infiltrée dans la zone du franchissement pendant les activités de forage, ce qui a exigé un nettoyage. Au cours des opérations de nettoyage des lieux, le poteau en bois de 2 pouces sur 4 pouces qui marquait l’emplacement du franchissement a été brisé et retiré de sa position. Cela a fait en sorte qu’on a perdu la confirmation de l’emplacement par mise à découvertLa confirmation de l’emplacement par mise à découvert est obtenue lorsqu’un gazoduc enfoui est physiquement mis à nu afin de confirmer visuellement son emplacement exact, son alignement, sa direction, sa profondeur et sa taille. Une fois le remblayage effectué, la confirmation de l’emplacement par mise à découvert peut être maintenue à l’aide de repères physiques qui indiquent avec exactitude l’emplacement confirmé du gazoduc. de l’emplacement du franchissement. En outre, certains piquets d’arpentage dans la zone de l’événement à l’étude ont également été perturbés.
Les 13 et 14 novembre 2025, afin de procéder à la création d’un trou de vérification avant d’achever le franchissement, les membres de l’équipe de construction ont demandé que de nouveaux piquets soient placés sur les lieux. Ils ont demandé qu’un piquet d’arpentage soit placé pour indiquer le franchissement (piquet demandé 1) et qu’un deuxième piquet soit placé sur le tracé de forage, à une distance de 2 m à l’ouest du franchissement (piquet demandé 2), à l’endroit où le trou de vérification devait être creusé.
Le 14 novembre 2025, l’arpenteurCet arpenteur avait relevé la position et la profondeur du gazoduc de DN 16 le 27 septembre 2025 (4e franchissement). est retourné sur les lieux pour effectuer le piquetage. L’arpenteur a constaté que la coordonnée du 27 septembre 2025, qui indiquait l’emplacement du sommet du gazoduc de DN 16 au franchissement (c.-à-d. le piquet demandé 1), se trouvait désormais dans un trou boueux en cours de nettoyage. Par conséquent, l’arpenteur a placé un piquet (piquet installé 1) décalé, à environ 1,4 m à l’est du franchissement , et l’a étiqueté « NPS 16 Hotline Crossing » [franchissement de la conduite en service de DN 16] (figure 2). Pour choisir l’emplacement où il a placé le piquet, l’arpenteur s’est fié aux données de localisation du gazoduc consignées au journal précédemment.
L’équipe de construction n’avait pas été informée que le piquet installé 1 était décalé vers l’est par rapport au franchissement. Par conséquent, comme prévu à l’origine, l’équipe a procédé à la création du trou de vérification à environ 2 m à l’ouest de ce piquet afin de confirmer l’emplacement du tunnelier avant qu’il ne franchisse le gazoduc de DN 16.
Avant de revêtir le trou d’observation avec la conduite de DN 20, l’équipe de construction a tenté, en sans succès, d’utiliser un tuyau en tôle ondulée de 20 pouces comme revêtement, mais a rencontré un obstacle à une profondeur de 5,8 m. Estimant que l’obstacle était constitué de matériaux en boisLors de l’hydro-excavation d’autres trous de regard sur ce chantier, les membres de l’équipe avaient rencontré des matériaux en bois, dont des troncs et des rondins. Pendant l’hydro-excavation du trou de vérification à l’étude, plusieurs membres de l’équipe avaient remarqué des matériaux autres que du sol et pensaient qu’il s’agissait de matériaux en bois., on a décidé d’utiliser une conduite de DN 20 à extrémités chanfreinées pour le faire passer à travers l’obstacle et servir de revêtement (figure 3).
Intervention initiale
Suite à l'événement, les protocoles d'intervention d'urgence ont été déclenchées. Les équipes de construction présentes aux alentours de Blair Creek ont été évacuées; le gazoduc a ensuite été isolé et purgé à 0 kPag.
Un tronçon endommagé de 6,2 m de long du gazoduc de DN 16 a été découpé et envoyé en laboratoire aux fins d’analyse. Le gazoduc de DN 16 a été réparé puis remis en service le 5 décembre 2025.
Analyse en laboratoire
La conduite de DN 16 était recouverte d’une gaine de protection contre les roches extérieure noire en plastique et d’un revêtement en polyéthylène extrudé jaune, et l’épaisseur mesurée de sa paroi variait entre 6,14 et 6,22 mm. La gaine de protection contre les roches extérieure noire était endommagée à la position 12 h (point mort haut, ou dessus de la conduite). Aucun matériau en bois n’a été relevé.
La zone endommagée de la conduite de DN 16 a été balayée au laser, et les dommages semblaient être cohérents avec un impact causé par un objet solide d’un diamètre extérieur de 20 pouces (508 mm) (figures 4 et 5). Une brèche a été relevée dans cette zone, se présentant sous la forme d’une fissure/déchirure d’environ 61 mm de longueur et d’une largeur maximale de 5 mm (figure 6). Cette zone endommagée présentait une déformation importante ainsi que des rainures et des éraflures. Il n’y avait aucun signe de corrosion ni de fissuration par corrosion sous contrainte à cet endroit.
Conclusion
En vue de la réalisation du franchissement sans tranchée sous le gazoduc de DN 16, l’emplacement du gazoduc au niveau du franchissement a été vérifié en mettant à nu le gazoduc, puis en marquant son emplacement avec un piquet en bois de 2 pouces sur 4 pouces. Lorsque des changements aux conditions des lieux ont entraîné le retrait du piquet en bois de 2 pouces sur 4 pouces, la confirmation de l’emplacement par mise à découvert de l’emplacement du gazoduc n’a plus été possible. Les équipes de construction ne connaissaient plus l’emplacement exact du gazoduc et ont donc demandé que de nouveaux piquets soient placés. Un nouveau piquet a été installé sans que le gazoduc de DN 16 soit à nouveau mis à nu, ce qui a entraîné une identification inexacte de l’emplacement du gazoduc. Lorsque l’équipe de construction a commencé à creuser le trou de vérification, elle s’est fiée au piquet mal placé pour connaître l’emplacement du gazoduc de DN 16.
Mesures de sécurité prises
Suite à cet événement :
- Le 5 décembre 2025, la Régie de l’énergie du Canada (REC) a émis l’ordonnance d’inspecteur no SN-001-2025 à l’intention de Westcoast et l’ordonnance d’inspecteur no VS-002-2025 à l’intention de l’entrepreneur en construction, précisant les mesures à prendre concernant le remuement du sol et les procédés d’identification des gazoducs. Après avoir examiné les mesures mises en œuvre par les deux parties, la REC a émis un avis de mesures satisfaites à l’intention des deux parties en février 2026.
- Westcoast a mis à jour ses procédures relatives au remuement du sol et a dispensé une formation de recyclage aux inspecteurs en construction.
- L’entrepreneur en construction a mis à jour ses procédures relatives aux dangers associés au remuement du sol et ses évaluations de compétences, et a dispensé une formation de recyclage au personnel du projet de gazoduc de DN 24.
Message de sécurité
Cet événement met en évidence l’importance pour les équipes de construction d’assurer une confirmation de l’emplacement par mise à découvert des installations enfouies avant d’entreprendre toute activité de remuement du sol à proximité immédiate. Négliger de le faire peut entrainer des blessures et des dommages à l’environnement et à l’infrastructure.
Le présent rapport conclut l’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada sur cet événement. Le Bureau a autorisé la publication de ce rapport le 27 mai 2026. Le rapport a été officiellement publié le 29 juin 2026.